Mgoun


       Mgoun, beaucoup plus qu’un sommet...


Yes we can!
j'était littéralement morte de fatigue😁 




Let’s do it :


« Le monstre » c’est comme ça que la plupart des trippers l’appelle dans les groupes de voyage, Mgoun ou bien Ighil N’Mgoun avec ses 4071m d’altitude est le 3éme plus haut mont de l’Atlas, son sommet est constitué d’une crête haute de plus de 4000m et s’étale sur une longueur de 10km.



Malgré qu’il est Situé dans une partie un peu méconnue de l’atlas, par rapport au fameux Toubkal, mais je peux vous assurez qu’il est aussi « hard to get » que le sommet du Toubkal, même un peu plus dur à mon avis, avec des paysages à couper le souffle, et une déconnexion totale du reste du monde.

Une aventure pleine de beaux souvenirs, des vallées luxuriantes d’une part et des villages berbères typiques d’autre part, on avait la chance de rencontrer les populations locales, des villageois berbères, avec leurs beaux troupeaux constituant un tableau harmonique avec la nature.

Le bonheur des Bougmez




Lors de notre préparation pour ce voyage tout le monde dont les guides de la région nous a exigé de faire cette ascension dans 3-4 jours minimum, on l’a fait en deux jours car on avait pas beaucoup de temps! Et c’est grâce à l’esprit d’équipe, la persévérance de chacun de nous, et cette volonté incroyable de vouloir surpasser nos limites qu’on a pu le réussir.


Girls power



L’itinéraire était la boucle Ait Bougmez-Tarkkedit-sommet Ighil N’Mgoun-Ait Bougmez, dans la suite de l’article j’ai essayé de donner le maximum de détails possibles sur ce fameux trajet pour tous ceux qui veulent le faire. « And keep in mind if we can do it you can do it »


Azilal-Ait Bougmez-Aarouss :


Alors tout d’abord il fallait se diriger vers Azilal, c’est la ville la plus proche du point de départ de l’ascension et c’était aussi le point de rencontre de notre équipe, pour s’y rendre j’ai pris un autocar depuis Meknès vers Beni Mellal (80dh) puis un autre car jusqu’à Azilal (30dh) la route regorgeait de paysage magnifique surtout lors du passage près du barrage bin El Ouidane, un monument époustouflant avec des falaises de part et d’autre, une rivière qui passe au milieu et des forêts à pleine vue.



Pour tous ceux qui veulent faire le trajet en voiture je tiens à vous informer que l’état de la route n’était pas très agréable surtout le tronçon Azilal-Ait Bougmez la route goudronnée disparaissait de temps à autre pour laisser place à des pistes en cailloux et des petits ruisseaux qui provenait des nombreuses sources de la région qui traversaient la route.




Mais ça reste l’une des plus belles routes que j’ai vu au Maroc, une richesse et une biodiversité incroyable qui nous a laissé sans voix ! comme le fameux proverbe le dit « les routes les plus dures mènent souvent aux endroits les plus magiques »

Après mon arrivée à la ville d’Azilal j’ai pris un hôtel pour me reposer et y passer la nuit, je dois dire qu’après ma balade nocturne dans la ville j’étais très impressionnée par son charme, la sécurité qu’y règne et la gentillesse de ses habitants.

Au petit matin c’était la rencontre avec le groupe, après un petit déjeuner copieux de la région, on a pris un taxi direction Ait Bougmez, on s’est arrangé avec le chauffeur pour qu’il nous amène jusqu’à Arouss (1900m) le point de départ de la randonnée, le trajet était d’environ 1h30 de route pour le prix de 50dh/per.



Dès l’arrivée dans la vallée verdoyante des Bougmez surnommée aussi la vallée des gens heureux, une détente et une joie de vivre extraordinaire, des fermes de pommes de part et d’autre, des ruisseaux et rivières d’eau qui coulent de partout…



 Tout simplement c’est une terre qui respire le bonheur, avec des paysages grandioses à pleine vue notamment les majestueuses crêtes qui se dressent comme des pyramides.




Vers le refuge Tarkeddit :


Après avoir laissé nos packages au muletier pour les porter jusqu’au refuge (50dh/sac/jour) on a commencé notre trek, un trajet d’environ 7h de marche d’un niveau moyen pour atteindre le plateau Tarkeddit (2900m) en passant par le col de Tizi N’Aghouri (3400m) qui nous a offert des vues à couper le souffle sur les crêtes de Tarkeddit et sur la chaine majestueuse du Mgoun.



Plusieurs pauses s’imposaient le long du trajet pour reprendre du souffle, s’adapter avec le gain d’altitude, et faire le plein d’énergie : dattes, raisins secs, noix, chocolat, petits sandwichs préparés à l’avance... si j’ai un conseil à vous donner, la bouffe, vous en aurez besoin :D

la pause qui s'impose 


Le trajet était aussi un point de rencontre où se déroule la dure vie des amazighs montagnards qu’on a pu rencontrer dans leurs bergeries d’altitude.



L’arrivée au refuge était à 18h, un dortoir en ciment avec des équipements très modestes, un sac de couchage chaud s’imposait vu le froid glacial, la nuit était à 120dh. On était les seuls à y passer la nuit avec un groupe de Français, le personnel n’était pas très agréable, une grande différence avec le refuge du Toubkal, mais grâce à l’ambiance crée par notre groupe, on a tout de suite baigné dans une atmosphère d’énergie positive oubliant rapidement le mauvais caractère du gérant.



Après avoir diner avec un délicieux Tajine préparé par notre guide, on s’est couché pour se reposer et se préparer pour l’étape du lendemain.


Ighil N’Mgoun :




Le réveil était très tôt le matin à 3h30, 40 min pour ranger nos sacs à dos, prendre le petit déjeuner et faire le départ pour l’un des plus durs sommets du Maroc. 



Le thermomètre affichait des valeurs négatives mais on était tous déterminé, et il fallait beaucoup plus qu’un froid glacial pour nous arrêter. 



On a marché environ 3h dans le noir à l’aide de nos lampes frontales et on avait beaucoup de chance car le ciel était clair et on a pu profiter de la belle étoile, lors de l’une des pauses on s’est même allongé sur le sol pour laisser nos regards embrasser l’immensité du ciel scintillant, un moment magique de pur plaisir.



Les pas deviennent plus lourds et les pentes plus aigües, en se rapprochant de la crête on a commencé à trouver de la neige et du verglas, soudain un vent très fort et glacial nous empêche de marcher et même de respirer, on était officiellement sur la crête du Mgoun !

La crête...


 c’est la difficulté majeure de ce sommet, une étroite crête caillouteuse et très ventée qui demande beaucoup d’attention. Environ 1h30 de marche sur cette fameuse crête, la fatigue commence à nous gagner, Nos visages sont glacés, on ne sent plus nos nez et nos jambes commencent à troubler car on faisait deux fois plus d’effort pour avancer contre le vent.



 Mais on revanche au fil des heures la nuit a cédé place au jour et on a pu assister à un magnifique lever de soleil, des paysages époustouflants et une vue sans limite sur l’ensemble du haut-atlas central.






 Finalement on a pu atteindre le piquet, l’effort en vaut la chandelle car de là-haut on a pu apercevoir les fabuleuses vallées et les montagnes environnantes, un moment de satisfaction et de fierté par excellence où on a pu surpasser nos limites et vivre une expérience riche en émotions et en apprentissages, l’esprit du groupe était présent tout au long du trajet, on se motivait mutuellement les uns les autres et c’est grâce à ça, qu’à 9h du matin on était tout simplement au SOMMET.




Une descente aussi hard que la montée :


Le chemin du retour n’était pas aussi simple qu’on a pu l’imaginer, le guide nous a suggéré un autre trajet pour rentrer chez les Bougmez, afin de pouvoir contempler d’autres paysages.



 Le risque de glissage était fort présent et les pentes un peu plus aiguës que la montée avec plein de cailloux.



La descente était vers les sources d’Oulilimt à travers un paysage de cheminées de fées sculpté par l’érosion, des canyons et gorges creusés dans les plissements de l’atlas, des cimes déchiquetées culminant au-delà de 3000m d’altitude, enfin des pâturages d’altitude avec des grottes de nomades désertées qui accueillent l’été les amazighs du sud avec leurs troupeaux de chèvres et de dromadaires.




Enorme gratitude envers les gens heureux du Bougmez :



Environ 10 heures de marche pour arriver à notre maison d’hôte Ighrem (200dh/nuit en chambre double avec salle de bain) dans la vallée heureuse des Bougmez, l’établissement était très authentique avec un décor fidèle aux traditions amazigh local, un accueil chaleureux des hôtes qui étaient tous le temps souriants et au petit soin de chacun de nous, nous a laissé très reconnaissant envers eux, après un diner local préparé par ces magnifiques personnes une bonne nuit de sommeil nous attendait pour reprendre nos forces et prendre le chemin du retour.


Khalil notre guide




Humble devant ces majestueux montagnes :



Certes le Mgoun reste le plus dur sommet que j’ai pu faire jusqu’à maintenant, avec les lèvres gercées, le nez qui pique et les muscles qui n’arrivent plus à nous porter, on avait qu’une seule envie c’est de s’arrêter ! Mais tous ses sentiments disparaissent une fois on est conscient de tous le travail et l’effort qu’on a pu faire, laissant place à une satisfaction et une béatitude au plus profond de nous-même, on nageait tous simplement dans le bonheur ! Alors si vous êtes amoureux de grand espace sauvage, de paysages spectaculaires et de rencontres exceptionnelles le Mgoun est fait pour vous !




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